• L'appel

    L'APPEL

     

    Cela fait trop longtemps que je vis içi...

    Emitouflé dans une parure d'infortune me protégeant du froid glacial régnant dans le théatre de ma vie.

    Ma vie, je la passe assis sur mon bout de trottoir grisâtre, adossé à un mur pâle, rempart de mes pensées maladives, qui dérivent et se perdent dans le noir.

    Elles se tassent et suivent une ligne toute tracée, celle de mon existence végétative dévorée par la misère, hachée par l'égoisme.

    L'égoisme de ceux qui passent, qui passent sans cesse, sans cesse devant moi, sans me voir, sans osez poser leur regard, ou, dissmulant avec une machiavélique habilité un sourire se délectant de mes faiblesses.

    Ceux là n'existent déjà plus, invisibles ils se fondent dans le sombre goudron qui s'écoule à perte de vue.

    Toutes ces couleurs artificielles, apanage de l'orgeuil de ce monde, s'évanouissent aussi.

    Comme l'amertume bleuté de ces vitrines cossues absorbé par le papier, bû par le papier.

    Papiers jetés à mes pieds et recouvrant mon lampadaire élancé émergeant du ciment.

    Témoin silencieux de mes angoisses, témoins affectueux dont la cîme éclaire de sa double flamme ma frèle silhouette.

    Silhouette s'effacant au son feutré de leur douce arrivé.

    Elles, les âmes généreuses dont l'aura éclaire la triste chaussée, sont à la fois, celles qui me sauve, et, mes pires bourreaux.

    M'accordant une journée de plus, ou, allongeant mon infini calvaire.

    Ce sont désormais les seules choses que je peut distinguer avec l'éveil pourpre du soleil, cepandant lui aussi se met à partir et je n'apperçoit plus que quelques taches de son chaleureux éclat.

    Je sent mon corps me quitter, ma fin approche, je me transforme.

    Mon être rongé par l'appel devient peu à peu de la même teinte verdâtre que mon lointain lampadaire.

    Appel qui me fait sombrer inéxorablement dans l'impersonelle immensité du monde.

    Je m'évanoui, m'éfface et disparais.

    Il n'est plus.

    Appel prononcé à un mélancolique sans abri agonisant un soir d'hiver

    Appel qui dejouant sa personalité, repart glissant sur l'air.

    Appel qui ne change au fond que l'apparence de sa prison.

    Appel qui le fit devenir un arbre de plus dans l'inhumaine forêt de béton...

     

     


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